Ville En Turquie/CITY IN TURKEY

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Gülçin E. Lelandais

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Batman-Hasankeyf 041

Gülçin Erdi Lelandais

Chargée de recherche CNRS

Université de Tours / CITERES UMR 7324

Mes recherches s’inscrivent dans la sociologie de l’action collective et des mouvements sociaux. Je focalise mes recherches particulièrement sur la Turquie et son environnement politique, social et culturel. Dans ce cadre, j’ai longtemps travaillé sur la perception de l’altermondialisation et ses spécificités en Turquie. Je m’intéresse à l’articulation des mobilisations collectives aux revendications identitaires et spatiales dans le contexte de la mondialisation. Mes travaux et recherches se sont récemment orientés vers l’étude de la lutte d’appropriation et de conception de l’espace urbain entre habitants et décideurs politiques, ainsi que sur les résistances et controverses qui en découlent. Restant dans ce cadre général, je m’intéresse également à l’émergence et aux différentes expressions de la citoyenneté urbaine.

 THÉMATIQUES DE RECHERCHE

Axe 1 : Sociologie de l’espace et de la ville

Durant les vingt dernières années, à partir des travaux pionniers de Michel Foucault (Surveiller et punir. Naissance de la prison) et Henri Lefebvre (La Production de l’espace), des géographes et chercheurs en sciences sociales ont tenté de faire en sorte que l’espace soit pris en compte dans la compréhension et l’explication des phénomènes sociaux (Edward Soja, Postmodern Geographies. The Reassertion of Space in Critical Social Theory, Londres, Verso, 1989; David Harvey, The Condition of Postmodernity, Cambridge, Mass., Blackwell, 1989 ; Mark Gottdiener, The Social Production of Space, Austin, The University of Texas Press, 1985). La théorie et l’analyse sociales contemporaines réaffirment l’importance de l’espace. Si bien qu’aujourd’hui l’argument selon lequel « le social et le spatial sont inséparables, et la forme spatiale du social a une effectivité causale », pour reprendre les termes de la géographe Doreen Massey (Space, Place, and Gender), fait l’objet d’un large consensus parmi les géographes et les sociologues : « la société est nécessairement construite dans l’espace, et cette dimension – l’organisation spatiale de la société – a des effets sur son fonctionnement ».

Partant de ce constat, j’ai porté mes interrogations sur le rôle de l’espace dans la construction identitaire et l’émergence des résistances au sein de la ville face aux politiques publiques de transformation urbaine. La question de l’espace s’impose de plus en plus aujourd’hui, depuis que non seulement la géographie, mais également les autres sciences sociales, se sont emparées du concept de l’espace pour faire avancer leurs questionnements des sociétés humaines. C’est ce que Soja (1989) appelle le  » spatial turn  » et Gauchet (1996) et Lévy (1999) le  » tournant géographique » dans les sciences sociales. On peut noter qu’une sociologie de l’espace émerge aujourd’hui, s’appuyant sur l’héritage et la critique de Georg Simmel, Marcel Mauss, Maurice Halbwachs, l’école de Chicago et Erving Goffman. Elle pose la question de la constitution sociale de l’espace (Martina Löw) et/ou la façon dont l’espace intervient dans le social (Anthony Giddens), la sociologie de la ville (Raymond Ledrut, Henri Lefevbre, Jean Rémy) et la spatialisation du capitalisme à travers les politiques urbaines (Neil Brenner, David Harvey, Mark Purcell).

Mes recherches s’attache particulièrement à la notion de droit à la ville. Elles ont pour objectif d’étudier comment les minorités articulent leurs résistances contre les aménagements publics urbains et/ou environnementaux à leur revendication identitaire. Je cherche à apporter des éclairages sur comment se construisent, à travers ces mobilisations, des revendications liées à la citoyenneté et au respect des différences culturelles et du quotidien. Mon analyse a pour ambition d’apporter un éclairage sur la genèse des mouvements de protestation contre la transformation urbaine, en étudiant les relations entre le discours sur l’espace et la construction d’une identité collective. Je souhaite également contribuer à l’étude des formes d’engagement qui mobilisent des références aux territoires et s’inscrivent dans des dimensions spatiales complexes. Les engagements ancrés dans les lieux de vie que nous étudions à Istanbul et à Hasankeyf participent aux processus concomitants de production du sentiment d’appartenance et de production des territoires.  Il s’agit de proposer des pistes pour comprendre comment la ville offre à ses habitants de nouvelles façons d’être en tant que citoyens se référant à l’appropriation de l’espace. Dans ce cadre, une première étude de terrain de trois mois à Istanbul et à Batman (Kurdistan turc) a déjà été réalisée.

Les quartiers étudiés représentent certaines caractéristiques communes tant dans leur composition que dans leur mobilisation. Il s’agit de quartiers composés de gecekondus (bidonvilles) ou de maisons sans titre de propriété, peuplés et repeuplés à partir des années 1960 par les migrations en provenance d’Anatolie et notamment de l’est de la Turquie suite à l’intensification de la lutte armée contre la guérilla kurde dans les années 1990. Ils constituent, de ce fait, des zones de ségrégation économique, sociale et communautaire. Si cette ségrégation fut au départ créée par les habitants eux-mêmes dans le quartier 1 Mayis, procédant dans les années 1970 à une sélection de la population admise dans le quartier, elle a été constituée à travers une stigmatisation culturelle dans le cas de Sulukule, entièrement assimilé aux Tziganes et à la prostitution. Dans les deux cas, les municipalités ont tenté de changer la composition de ces quartiers, de détruire les gecekondus construits et de procéder à leur découpage. Les forces de l’ordre ont à plusieurs reprises affronté les habitants, entraînant des incidents non négligeables allant jusqu’à la mort de manifestants, notamment à 1 Mayis. Dans les deux cas, les acteurs publics n’ont réussi à transformer ces quartiers ni culturellement, ni politiquement, ni socialement. Il en va de même pour le cas de Hasankeyf. Mon étude ethnographique, réalisée à l’aide d’entretiens semi-directifs auprès de militants et d’habitants, a montré l’intensité de l’appropriation de l’espace en tant qu’élément constituant de l’identité collective par les habitants de la ville. L’étude des trois cas montre que le sentiment d’attachement des habitants à leur ville et/ou à leur quartier demeure intense. Dans ce sens, ils representent des espaces de pratiques sociales, porteurs d’une multitude de sens où se déclinent la mise en scène de soi et se construit un sentiment d’appartenance.

A partir des données recueillies sur le terrain, je défends la thèse que l’espace de vie permet notamment aux minorités de s’approprier quelques enclaves, de se regrouper dans certains quartiers, de se « réserver » des lieux où leur identité est reconnue et peut être exprimée sans craindre la répression de l’appareil étatique. Pour Michel de Certeau (L’invention du quotidien, 1990, p. xl), il s’agit là d’exprimer une certaine contestation à travers les pratiques spatiales de la vie quotidienne. Selon cet auteur, il s’agit de « manières de faire’ constituant les mille pratiques par lesquelles des utilisateurs se réapproprient l’espace organisé par les techniques de la production socio-culturelle ». Dans la même perspective, Engin Isin (Being political, 2002, p.31) propose le terme de « devenir politisé » (becoming political) pour comprendre ce type de résistance au sein de la ville. D’après lui, «devenir politisé » est rendu possible quand les « étrangers » et les « exclus » détournent (overturn) les diverses stratégies et technologies de la citoyenneté dans lesquelles ils sont impliqués et se constituent, de ce fait, différemment des images dominantes qui leur sont attribuées.

Pour comprendre la production et l’usage de l’espace par différents acteurs, je me réfère particulièrement aux travaux d’Henri Lefebvre autour du concept de « Droit à la ville ». Ce concept nous paraît particulièrement éclairant pour comprendre les résistances urbaines puisqu’il renvoie à l’idée que la ville est non seulement un espace matériel, mais aussi un sentiment intégral de l’espace urbain en tant que contexte physique, que relation sociale, et que vie quotidienne.

Dans ce cadre, face aux tentatives d’appropriation de l’espace par les habitants, des politiques de reconfiguration de l’espace (ici, la ville) sont mises en œuvres par les acteurs publics. Je tente donc d’analyser et d’identifier les discours officiels dominants sur les territoires marginalisés et les actions urbaines qui y sont menées. L’enquête en cours porte sur les opérations de reconquête dont ces territoires font l’objet, comme les rénovations et les grands projets qui se soldent le plus souvent par le déplacement et la fragilisation de la population. Ce qui est intéressant, dans ce cas de figure, ce sont non seulement les formes de mise en valeur, d’occupation et de peuplement qui prévalent désormais dans certains quartiers, mais aussi les discours accompagnant ces réalisations qui nous renseignent sur les nouvelles idéologies urbaines et territoriales véhiculées par les autorités publiques.

Pour discuter de l’apport de la sociologie d’Henri Lefebvre sur les études urbaines actuelles, j’ai organisé un panel dans le  cadre du congrès de l’Association européenne de Sociologie en septembre 2011. Les communications présentées lors de ce panel font actuellement l’objet d’un projet d’ouvrage pour lequel des négociations sont entreprises avec la maison d’édition Cambridge Scholar Publishing en Angleterre. Les résultats préliminaires de cette recherche ont donné lieu à deux articles rédigés en anglais qui sont en cours de publication.

Dans le cadre de cet axe de recherche, je participe actuellement au montage d’un projet ANR avec le laboratoire CITERES à l’université de Tours. Ce projet, intitulé «Territoires marginalisés et ville : entre exclusion et intégration. Cas méditerranéens » a pour objectif de contribuer à positionner les inégalités comme fait social total (Mauss, 1923). Dans cette optique, le projet porte sur l’examen de territoires marginalisés ou de marges urbaines dans la dialectique de leur production objective par les structures et mécanismes socio-économiques inégalitaires de la société, et leur construction sociale. Il a pour objectif d’analyser les rapports subtils entre les processus de marginalisation portés par les pratiques et les représentations des acteurs urbains dominants de l’aménagement des villes, leurs politiques de traitement des marges urbaines et les stratégies d’intégration urbaine et de résistances des populations.

Axe 2 : Sociologie de l’action collective

Mobilisations collectives, globalisation, ancrage territorial

Cet axe de recherche s’est dessiné autour de mes recherches doctorales. Après les mobilisations contre le sommet de l’OMC à Seattle en 1999, l’altermondialisme a généré de nombreuses études concernant notamment sa genèse, ses dynamiques d’action et ses revendications. Ces recherches concernent surtout les pays occidentaux (ATTAC, Forum Social Européen, etc.), l’Amérique latine (Mouvement des sans terres, Via Campesina, etc.) et le continent africain (Siméant, Lutter dans les Afriques, Genèses, 2010). Ma thèse de sociologie, soutenue en septembre 2006, s’inscrit dans ce champ de recherche. Elle portait sur la transnationalité et la construction identitaire du mouvement altermondialiste à la lumière de l’exemple en Turquie, représenté par diverses organisations et groupes. Cet objet m’a permis de comprendre et d’analyser, avant tout, le débat entre différentes écoles théoriques au sein de la sociologie des mouvements sociaux ainsi que l’effet de la mondialisation sur ces derniers à la fois en tant que cause de contestation et opportunité d’organisation.

Le choix de ce terrain d’enquête interroge en premier lieu les manières dont sont posées les questions du rapport au politique et aux mouvements sociaux au Moyen-Orient. En effet, à l’exception de quelques études sur les mouvements, organisations ou associations islamiques, il existe peu de travaux concernant d’autres mouvements sociaux dans cette aire géographique, qu’ils soient ouvriers, écologistes, féministes ou altermondialistes. Les recherches européennes concernant la mobilisation collective au Moyen-Orient semblent se cantonner à l’étude de l’Islam politique comme si, dans les pays de cette région, seul l’Islam constituait une clé de compréhension du rapport au politique. Sans nier l’importance de cette religion dans les configurations sociales et politiques de ces pays, elle demeure un paramètre parmi d’autres pour comprendre ces sociétés. A fortiori dans un pays laïc comme la Turquie, l’Islam ne permet pas d’expliquer à lui seul les fondements du champ politique, ses reconfigurations, ou encore les caractéristiques du champ des mouvements sociaux. De ce fait, notre objectif s’est distingué des problématiques habituelles. J’ai choisi de m’interroger sur ce que l’altermondialisme apporte en matière de changement dans l’étude des mouvements sociaux, sur la place de l’identité altermondialiste au niveau global dans la trajectoire des militants actifs et sur l’espace des mobilisations dans les pays non occidentaux.

Par ailleurs, je souhaitais, dans le cadre de ma thèse, m’interroger sur une absence supposée des pays en développement du pourtour méditerranéen au sein du mouvement altermondialiste, mais aussi dans les recherches le concernant. L’exemple turc m’a permis de proposer des pistes de réflexion sur cette question. D’une part, dans le cas de la Turquie, les mouvances altermondialistes se nourrissent avant tout des luttes et des conflits politiques propres au pays. La contestation, par exemple, des institutions internationales comme le FMI ou l’OMC reste limitée alors que la question kurde, le nationalisme de l’État et le débat sur la laïcité constituent les objets de prédilection des campagnes, ce qui questionne l’idée même de mobilisation transnationale développée par des chercheurs américains comme J. Smith (2002), R. Aminzade (1997) ou M. Keck et K. Sikkink (1998). D’autre part, durant ma recherche doctorale, j’ai découvert que l’absence d’organisations contestataires en provenance notamment de pays musulmans dans le mouvement altermondialiste est trompeuse. Il existe une multiplicité de mouvements « effervescents » mais «sans voix » qui ont figuré, par la suite, parmi les organisations à l’origine du « Printemps Arabe » (le cas du mouvement Kifaya en Egypte, qui a travaillé avec les mouvances turques pour les campagnes anti-guerre, est emblématique dans ce sens). Le fait que pendant six ans, entre 2002 et 2008, toutes les organisations et mouvances protestataires du Moyen-Orient se sont retrouvées au Caire malgré la repression étatique subie, pour porter une réflexion sur les conflits et les guerres dans la région, a pu constituer, à mon sens, une convergence des luttes politiques et sociales et une possibilité de canalisation des mécontentements.[1]

La recherche s’est appuyée sur une enquête ethnographique auprès de militants d’organisations se qualifiant d’altermondialistes dans trois villes de la Turquie : Ankara, Istanbul et Izmir. Dans ce cadre, 50 militants ont été interviewés. La méthode ethnographique a permis de rendre compte des motivations des militants et de tracer la trajectoire menant à leur participation au mouvement altermondialiste. Cette étude a permis de mettre en évidence, en effet, la reconversion d’anciens militants politiques des mouvements étudiants des années 1970 en militants altermondialistes. Un autre constat important de cette étude fut de constater que l’identité du mouvement altermondialiste turc se heurte très souvent à la construction de l’identité traditionnelle du militant politique de gauche, longtemps dominée par des structures rigides et extrêmement hiérarchiques. Avec l’émergence du mouvement altermondialiste semble ainsi se dessiner un nouveau rapport au militantisme que résume bien le concept d’ « engagement distancié », marqué notamment par une volonté de maîtrise de l’autonomie des convictions individuelles par rapport aux prises de positions ou directives organisationnelles (Jacques Ion, Pascal Viot, Militer aujourd’hui).

L’étude de l’altermondialisme et notamment de nouvelles formes de militantisme ainsi que leur répercussion sur l’organisation des mouvements sociaux a permis de mener une analyse théorique sur l’évolution des concepts propres à la sociologie des mouvements sociaux (repertoires, identité, stratégies de mobilisations, ressources, opportunités politiques). C’est en ce sens qu’il m’a semblé nécessaire de proposer une synthèse sur les principales théories de la sociologie des mouvements sociaux (à savoir la théorie de nouveaux mouvements sociaux lancée par Alain Touraine et la théorie de la mobilisation des ressources lancée par Doug McAdam, Charles Tilly et Sidney Tarrow).

À partir d’une analyse comparative de ces théories et de l’étude de l’altermondialisme en Turquie, il est alors apparu que certaines d’entre elles se focalisent sur une appréhension trop figée des mouvements sociaux, avec des règles d’analyse bien définies sans véritable adaptation à la société étudiée. Du coup, elle reste souvent prisonnière des données de sociétés démocratiques occidentales. Autrement dit, ces théories, élaborées dans et à propos de contextes démocratiques et occidentaux sont difficilement transposables, telles quelles, à des contextes non occidentaux.

En dernier lieu, à partir de l’observation des meetings, manifestations et réunions des altermondialistes, des répertoires d’actions qu’ils emploient et des ressources qu’ils mobilisent, j’ai constaté que malgré le fait que la mondialisation ouvre des fenêtres d’opportunité nouvelles pour l’ensemble des mouvements sociaux contestant le système néolibéral et ses effets, chaque mouvement se nourrit néanmoins des dynamiques sociales, politiques et culturelles de son pays d’émergence. Les campagnes se focalisent sur des sujets ancrés localement et les militants emploient les ressources locales pour réussir dans leurs campagnes. L’exemple de l’altermondialisme en Turquie a démontré l’importance de l’ancrage local dans l’émergence et le développement des mobilisations collectives.

Axe 3 : Changement climatique et action publique

Ma participation au projet collectif de recherche EXCLIM, intitulé « Exil climatique. Gérer les déplacements des populations dus aux phénomènes climatiques extrêmes », m’a permis l’acquisition d’une certaine compétence dans l’étude des politiques publiques environnementales liées à la gestion du changement climatique. La recherche en Turquie est focalisée sur le cas de la plaine de Konya située en Anatolie centrale. L’objectif est d’étudier le lien entre les effets du changement climatique et les migrations de la population agricole. Cette région, considérée zone aride, souffre de plus en plus de la désertification d’après les statistiques de l’Institut national de la météorologie. Parallèlement, on constate depuis une dizaine d’années une diminution accélérée de la population agricole (elle est passée de 897 349 à 541 993 en dix ans).

Cependant, le changement climatique en tant que préoccupation publique est un phénomène récent en Turquie. Bien que le pays subit ses effets, soit sous forme de sécheresse soit d’inondation, les acteurs publics n’ont commencé à s’y intéresser qu’à partir du début des années 2000. Grâce à une étude de terrain réalisée en avril 2010, plusieurs résultats ont été recueillis.

Les habitants que nous avons interviewés dans deux villages énumèrent eux-mêmes la sécheresse comme une des raisons de leur départ vers la ville sans la lier toujours au changement climatique. Le phénomène est considéré comme une fatalité. Le rôle de Dieu est souvent évoqué.

Les politiques publiques dans le domaine de la désertification sont mises en place jusqu’en 1998, de manière unidimensionnelle, focalisées sur la reforestation. La Turquie fait partie de la Convention de l’ONU pour combattre la désertification depuis 1992. Néanmoins, la question des migrations des populations agricoles dans la plaine de Konya ne constitue pas encore un objet de politique publique. Aucun travail ou rapport n’existe à l’heure actuelle pour analyser ce problème. Le caractère continu et invisible de cette migration et l’absence de demande ou de revendication organisée de la part des agriculteurs en direction des institutions publiques empêche sa politisation et la production de politiques dans ce domaine.

Si on analyse dans leur ensemble les projets et politiques mis en place, on constate qu’ils sont dirigés dans l’objectif de la rationalisation de l’agriculture dans la plaine. Ils sont plutôt centrés sur les techniques d’irrigation et un meilleur usage de l’eau. Les autorités publiques estiment que ces projets permettront de garder sur place les agriculteurs formés à mieux gérer la terre et l’eau.


[1] Pour une information générale sur ce processus, on peut lire l’article « Cairo’s anti-war obituary », paru dans Al-Ahram Weekly, disponible sur le site http://weekly.ahram.org.eg/2009/947/eg6.htm

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